"Jean, mon ami
Comme on le dit ici, tu ne seras pas parti seul. Tous ces gens massés devant l’église de ton village, tous tes anciens collègues élus, les habitants de Lentillères bien sûr mais d’Ailhon, de Mercuer auxquels tu as rendu tant de services au cours de ta carrière professionnelle, tous sont venus te rendre un dernier hommage et te dire leur amitié, leur affection, leur grande peine.
Ils sont tous là, mais toi tu es parti et la Communauté de communes du Vinobre est en deuil. Près de dix ans après la disparition de Roger NAUD, voilà qu’un nouveau fondateur nous quitte. Triste privilège de devoir s’exprimer devant le cercueil de ses meilleurs amis !
La Communauté de communes est née en mars 1999, mais toi et tes collègues de l’époque aviez depuis longtemps pris l’habitude de travailler ensemble au sein du SIVOM du Vinobre et à ce titre, vous aviez largement fondé les bases de la nouvelle structure. Tu occupais alors un poste particulièrement important en tant que délégué au SIDOMSA, concernant la collecte et le traitement des déchets ménagers, sujet particulièrement prégnant pour les collectivités territoriales. Et tu n’as compté ni ta peine, ni ton temps, ni les kilomètres pour assister à toutes les réunions.
Il y a quelques vingt ans, alors en activité, tu as créé l’A.I.V., association permettant à l’ensemble des agents des diverses communes de se retrouver. Tu avais déjà bien perçu l’importance de rompre l’isolement, la richesse des rencontres et des échanges. Tu avais quelques années d’avance. L’année dernière, pour les vingt ans de l’Amicale, les responsables actuels qui n’ont pas la mémoire courte ont tenu à te faire président d’honneur pour qu’on s’en souvienne. Je sais que tu en avais été très touché.
En 2001, année de renouvellement des équipes municipales intercommunales, tu étais élu par tes pairs 1er Vice-président chargé des finances. Tes fonctions de secrétaire de Mairie te donnant une compétence certaine en la matière, tu savais monter et suivre un budget.
Et il y a eu du grain à moudre : construction du siège social dont tu as suivi le chantier avec Max, construction de la Pépinière d’entreprises, mise en œuvre de la zone des Traverses, achat de matériel de collecte, embauche de nouveaux agents… On retrouvait alors ta sagesse, ta mesure, ton esprit conciliant. Mais en marge du travail et des soucis, nous t’avons connu disponible, jovial, enjoué, malicieux, hypersensible. Tu aimais te retrouver à la communauté ; tu appréciais sa gouvernance, le respect mutuel, le souci d’équité, l’envie de réussir ensemble. Ce climat fraternel, tu as largement contribué à le créer et à le nourrir.
Tu t’en es tellement imprégné que tu redoutais d’en voir arriver le terme. En effet, bien avant la fin de notre mandat, tu m’avais confié avec une émotion sincère ta hantise de devoir bientôt ne plus nous rencontrer, ne plus pouvoir perpétuer ces rencontres, ces échanges fraternels, ces moments de convivialité où seules régnaient la confiance et l’amitié. L’échéance est arrivée et le choc a été rude.
Voilà, ces choses-là il fallait bien les dire. Mais au fond ça n’a pas une grande importance. Aujourd’hui tu n’es plus là, la CCV est en deuil et nous sommes tous malheureux.
Marithé, Philippe, vos familles, vos proches,
La communauté de communes du Vinobre vous adresse ses condoléances les plus sincères et vous assure de sa solidarité, de son amitié, de son affection. Puissent ces quelques mots vous apporter un peu de réconfort.
Jean,
Mon ami, mon frère,
Nous garderons profondément en nous le souvenir de l’homme que tu étais, de ton sourire radieux, de tes yeux pleins de malice.
Jean,
Mon ami, mon frère, que l’on croyait indestructible, enfant de cette terre rude, des rochers et des chênes,
Qu’est ce qui t’as pris de nous lâcher comme ça, brutalement, au milieu de l’été.
On m’a dit que c’était le cœur.
Ah oui, le cœur.
Il est vrai que tu l’avais si gros, si large, si sensible et finalement si fragile, si ouvert à tous qu’il fallait bien qu’un jour il cède.
Adieu Jean, repose en paix." Roger GIMBERT.
"Je voudrais en premier lieu et au nom de la municipalité adresser à Marithé, et à toute la famille de Jean Labrot nos sincères condoléances.
Je souhaite rendre hommage au travail d’un homme qui a consacré un demi –siècle à servir la collectivité, le service public, en tant que secrétaire de Mairie sur Ailhon, Mercuer et Lentillères et en tant que Maire de Lentillères durant 25 ans, soit quatre mandats effectués de 1983 à 2008.
Après avoir lu les compte –rendus municipaux de ces 25 années, je souhaiterais brièvement évoquer le travail accompli dans ce quart de siècle par Jean Labrot et ses quatre équipes municipales successives.
En 1983, donc Jean Labrot succède aux deux mandats d’Auguste Ladet que je me suis efforcé de relater il y a peu. Ces deux premiers mandat 1983- 1995 s’inscrivent dans la continuité de la vie municipale, tant au niveau des préoccupations que dans le fonctionnement des instances municipales. Les réunions du Conseil sont encore peu nombreuses et la commune est encore assez peu tournée vers l’extérieur.
Le premier mandat est très axé sur la poursuite des travaux d’amenée d’eau (1983, Garix, Gonthiers, Jollivet ; 1986, conduites de La Serre, des Ladets, soubeyrol en 1987) ; de construction de réservoirs (1986, Les suels, 1987, Le soubeyrol), d’achat de sources et la nécessité d’augmenter annuellement les tarifs de l’eau pour une commune qui ne compte que 120 habitants en début de mandat. Outre le souci de la mise en place d’un réseau moderne d’adduction eau potable, on note aussi des efforts pour adapter la voirie communale à un usage plus approprié aux nouveaux usages avec des élargissements demandés par exemple pour la RD 223 entre Chaberterie et croisement Lentillères, des aménagements divers (virages à La Vallette,) ou encore l’amélioration de l’entretien avec l’achat avec Ailhon en 1988 d’un premier véhicule communal, une 504 diesel à benne et le recrutement en 1987 d’un premier employé communal, Thierry Bonnaud pour 13h00, toujours en partenariat avec Ailhon.
Le deuxième mandat (1989- 1995) qui achève avec les Trouilhers en 1992 les amenées d’eau est plus axé sur les bâtiments communaux et l’école.
On peut retenir la nouvelle toiture de la salle communale en 1993, l’aménagement d’une place publique décidé en 1989, l’électrification de la cloche en 1989, l’achat du futur terrain de la polyvalente en 1994 . En ce qui concerne l’école, on recrute V. Teyssier pour pourvoir au service cantine et surtout le conseil se prononce en faveur de la création d’un RPI avec Ailhon en 1992 avec un transport scolaire assuré par le SIVOM de Vinobre. On sent poindre aussi en ce début des années 90 chez le Maire et au sein du conseil les premières inquiétudes à l’égard d’un Etat qui réorganise les DDE, qui transfère les frais d’analyse de l’eau à la commune et qui souhaite élargir le SIVOM de Vinobre à Aubenas.
Le 12 juin 1995, Jean Labrot est réélu pour un troisième mandat qui se caractérise notamment par les réflexions sur la nécessité de mettre en place une carte communale, les travaux de décroutage de l’Eglise et de rejointoiement entre 1997 et 2000 ; l’inauguration de la salle polyvalente le 13 juin 1998 et l’ouverture de la commune à l’extérieur avec l’avènement de la CDC du Vinobre au 1er janvier 1999 ou encore finalement après un premier refus du conseil deux ans plus tôt l’adhésion au PNR en 1999.
Le 17 mars 2001, Jean Labrot est réélu pour un quatrième mandat qui se traduit essentiellement par la création d’un nouveau cimetière en 2003, la mise en place d’une carte communale en 2004, la réflexion sur la création d’une cantine et d’un garage dont les travaux interviennent en fin de mandat, l’achat d’un camion en 2005 et enfin la réflexion sur l’opportunité d’engager un projet d’interconnexion AEP pour faire face à la pénurie en eau potable.
En substance, Jean Labrot et ses quatre équipes municipales ont œuvré dans de nombreux domaines afin que Lentillères entre dans l’âge moderne des collectivités territoriales.
Pour l’ensemble de l’œuvre accomplie et ce quart de siècle passé au service de la collectivité, je tiens au nom de la Municipalité a exprimé mes chaleureux remerciements, merci Jean.
Il y a environ 1 an, j’avais formulé à Monsieur le Préfet une demande pour conférer le titre de Maire honoraire à Jean Labrot. Les circonstances nous ont amené avec Marithé à considérer qu’une cérémonie était peu envisageable pour Jean alors diminué par la maladie. C’est avec reconnaissance que je remets à Jean ce jour à titre posthume le titre de Maire honoraire. C’est aussi avec reconnaissance du travail de Jean Labrot et de ses conseils municipaux que nous intitulons désormais notre salle polyvalente, Espace Jean Labrot.
Merci Jean de ce que tu as fait pour Lentillères." Franck JOUFFRE.

